Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? La question fatidique. On te la pose quand tu es enfant et les réponses font souvent sourire : princesse, astronaute, vétérinaire. On te la pose ensuite au collège pour commencer à te faire réfléchir à ton avenir avec le stage de 3 jours en entreprise. Ensuite on te la pose au lycée et là ça commence à devenir sérieux parce que c’est ça qui va t’orienter dans tes études. Et enfin on peut encore te la poser quand tu as 26 ans, que tu es hôtesse de caisse en restaurant et que, objectivement, tu es surdiplômée pour ce poste. True Story datant de la semaine dernière !

Du coup, qu’est-ce que je veux faire plus tard ? Aller, voilà mes réponses aux différents stades étudiés plus haut ! 

 

Enfant : je voulais être vétérinaire.

 

Ça m’a duré un bon moment, jusqu’au collège en fait ! Et puis j’ai finalement fait mon stage de 3 jours dans un cabinet vétérinaire rural et là, c’est le drame. “Hum, en fait je pense qu’il y a un peu trop de sang pour moi dans ce métier …”. Déception suprême et remise en question totale de mon avenir … à 15 ans.

Durant mes 2 premières années de lycée, je ne me suis plus vraiment posé la question. Je me suis laissée porter par le flot. Pour l’orientation de mon Bac, j’ai choisi un bac S parce que j’étais plutôt intéressée par les sciences et que c’était le bac avec le plus de débouchés. 

Mais nous voilà rapidement en terminale. Et la question lancinante revient.

Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

C’est le drame. Je n’en ai pas la moindre idée. Qu’est-ce que j’aime ? Qu’est-ce que je n’aime pas ? Qu’est-ce qui me plairait ? Qu’est-ce qui ne me plairait pas ? Je n’en ai pas la moindre idée ! J’ai souvenir d’avoir regardé les fiches ONISEP des métiers, d’avoir essayé de trouver de l’inspiration. Je pense même être allée voir une conseillère d’orientation une fois. Mais je n’ai aucun souvenir de ce qu’elle a pu me raconter. En tout cas, rien qui n’a changé ma vie apparemment. 

Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

Un peu désemparés mes parents essaient de me guider.

Tu es forte à l’école, tu peux continuer des études, qu’est-ce qui te plairait ?”.

A l’époque mon papa venait de suivre une validation d’acquis pour obtenir un grade d’ingénieur.

Ingénieur. 

 

Ça sonne pas mal non ? Et si je faisais Ingénieur !

 

Mais oui, pourquoi pas ! Quand on a un diplôme d’ingénieur, on trouve forcément du travail !”. Sagesse parentale !

Me voilà donc partie pour me renseigner sur ce fameux diplôme d’ingénieur. Soucis ? Ah mais en fait on peut être ingénieur en tout et n’importe quoi ??!! Ok va falloir préciser un peu le domaine alors.

A cette époque je vivais à la campagne et j’adorais cuisiner. Pas de liens me direz-vous ? En fait si.

Je faisais de l’équitation avec une amie qui est était ingénieure en agronomie. Je lui ai demandé en quoi ça consistait vraiment. Pour sa part, elle s’occupait de conseiller les éleveurs du département sur la nourriture et les compléments à donner à leurs animaux pour avoir de meilleurs rendements, en gros, très gros. Je ne veux pas que vous généralisiez ce métier à ça. Il y a énormément de choses différentes dans ce domaine.

Bon, moi les élevages j’y connais pas grand chose et c’est pas forcément quelque chose qui m’attire. Par contre, faire ça pour des humains ça pourrait être sympa ! En plus j’adore la cuisine et la nourriture (d’où le lien avec la cuisine de tout à l’heure 😛 ).

Ah mais ça existe ? Ça s’appelle être ingénieur en agroalimentaire. Ok je prend ! Ça a l’air cool !

 

Qu’est-ce que je veux faire plus tard ? Je veux être ingénieur en agroalimentaire !

 

C’est classe non ?

Bon je vous passe sur les études que j’ai un peu détaillé dans mon article de présentation. Venons-en aux faits. Je n’ai pas aimé ! Je n’ai pas aimé du tout ! Je ne m’y suis pas retrouvée, je n’ai pas aimée mon école, je n’ai pas aimé les matières que j’étudiais, je n’ai pas aimé chercher un travail dans ce domaine qui, au final, était toujours aussi flou pour moi même après 3 années en école d’ingénieur. Bon le syndrome de l’imposteur n’était certainement pas loin et a probablement précipité les choses mais au final, je ne suis pas restée dans cette voie. 

 

J’ai 23 ans.

 

Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? La question revient, une nouvelle fois, toujours aussi oppressante, toujours sans réponse.

A moins que … si je ne trouve pas de métier qui me plaise, peut-être que je dois le créer moi-même en fait ! Me lancer dans l’entrepreneuriat ? Pourquoi pas ! Par contre pas sans bagage. 

Me voilà en Master Entrep’ à Grenoble. Les cours sont sympas. J’apprends pas mal de choses. Comme je n’ai pas de projet de création d’entreprise, je me destine plutôt à de l’accompagnement. A la fin de l’année, il faut faire un stage. Je cherche un peu, je trouve une opportunité et … je me dégonfle.

En fait je n’arrive toujours pas à dire si je me suis dégonflée parce que je ne voyais pas vraiment ce que j’allais pouvoir apporter aux entrepreneurs après 6 mois d’étude dans ce domaine et encore aucune expérience de création d’entreprise à mon actif. Ou si au contraire je me suis gonflée à bloc et j’ai carrément décidé d’utiliser mon stage pour FAIRE une création d’entreprise ! Comme je vous l’ai un peu expliqué dans mon article de présentation, je me lance avec mon associée dans une entreprise autour des loisirs créatifs. Quelques mois passent, la création se fait, l’entreprise décolle et … on arrête tout. Mauvaise communication, mauvaise entente, perte de motivation, retour à la case zéro. 

 

Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? Ah te revoilà toi ! Fameuse question sans réponse !

 

Je regarde un peu autour de moi. Le monde du développement web est en plein essor, on cherche toujours des gens dans ce domaine et j’y ai un (tout petit) peu touché en école d’ingé et pour la gestion du site de l’entreprise. Aller, une formation de 3 mois là dedans et je pourrais enfin trouver un métier que je veux faire. 

3 mois plus tard, de nouvelles compétences en poche et … ah te voilà toi ! Le syndrome de l’imposteur fait son grand retour ! Je regarde les offres d’emploi. Sur les 10 compétences demandées, j’en maîtrise 3. Je ne me sens pas capable de postuler.

Je me lance donc en auto entreprise pour la création de sites internet WordPress. C’est sympa, j’ai quelques clients sans même avoir à démarcher mais je ne me sens pas complètement sereine. J’ai besoin d’avoir un travail salarié à côté pour avoir un salaire fixe tous les mois. 

Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

Qu’est-ce que je veux faire en étant salariée ? Je veux d’abord un temps partiel, pour pouvoir garder du temps pour mes sites internet. Le domaine ? M’en fiche tant que c’est un temps partiel. Temps partiels les plus communs ? En restauration. Me voilà donc embarquée dans cette branche en me donnant 1 an pour vraiment savoir ce que je veux faire plus tard. 

 

Et devinez quoi ! Ça va faire 1 an le mois prochain !

 

Résultat : j’adore la personne que je suis actuellement. J’adore mon travail salarié. J’ai découvert que j’aimais passionnément le contact client, j’adore l’équipe dans laquelle je suis et le cadre est vraiment sympa. J’aime aussi mon travail sur les sites internet ! Je fais plein de choses différentes, je crée des sites pour des domaines hypers variés et j’apprends des choses tous les jours. 

Et là, sans prévenir, ma collègue vient me voir hier : 
Tu as quoi comme niveau d’étude toi ?
• Bac +5
• Bac +5 ?? Et tu te retrouves à faire la caisse avec nous ?? Non mais tu as rien à faire là ! Tu pourrais mieux gagner ta vie ailleurs ! 
• Oui mais où ?
• Je sais pas moi, dans ton domaine d’étude !
• Mais j’ai pas trouvé ! Et puis moi j’adore travailler ici avec vous ! J’adore être à la caisse ! Et puis j’ai mon auto-entreprise à côté !
• Mouai, tu m’enlèveras pas de l’esprit que t’as rien à faire ici avec nous…

 

Coup de tête, balayette !

 

Voilà un peu comment je me sens. A plat, vidée, démoralisée. Toutes mes certitudes envolées ! 

Mais je vais pas me laisser abattre ! Certes je gagne une misère mais j’aime ce que je fais ! Est-ce que c’est pas le principal ? Est-ce que les personnes qui gagnent plus que moi et qui n’aiment pas leurs jobs sont aussi satisfaites ? J’en suis pas vraiment sûre au vu des propos que je peux capter entre mes clients. 
Dernier exemple en date : “J’ai jamais autant gagné d’argent dans un job mais je fais un job que j’ai jamais autant détesté”. Ben ça fait pas rêver en fait !

Moi au moins j’ai la patate tous les matins ! Je suis trop heureuse d’aller retrouver mes collègues, d’aller mettre en place ma salle, de finir mon job à 15h pour pouvoir ensuite aller travailler sur mes sites internet. 

Et au fond, j’ai comme l’impression que je ne suis pas la seule de ma génération à penser cela. Est-ce qu’on n’est pas mieux à faire des choses qui nous plaisent même si on ne gagne pas des cents et des milles plutôt que d’aller au travail tous les matins la boule au ventre mais d’avoir un beau salaire à la fin du mois ? A vous de me dire ! 😉

Moi, en attendant, je ne vous cache pas que j’ai toujours cette fameuse question dans un coin de ma tête, évidemment ! Je sais bien que je ne serais pas hôtesse de caisse toute ma vie ! Mais pour le moment ça fait du bien de pouvoir en profiter. 

 

Mais du coup, qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?

 

Je veux être maroquinière. Je veux être nutritionniste. Je veux être développeuse web. Je veux tenir mon propre salon de thé. Je veux cuisiner des cookies personnalisables et les vendre en ligne. Je veux tenir une maison d’hôtes. Je veux vivre en autonomie dans une maison ou je ferais pousser ma nourriture, où je créerais mon énergie, où je partagerais ça avec des visiteurs. Je veux être heureuse et épanouie. 

 

Oui. J’ai encore un doute sur ce que je veux faire précisément.

 

Mais finalement, jusque là j’ai toujours fait ça au feeling, aux rencontres, au hasard et ça m’a plutôt bien réussi. Alors profitons du moment présent et on verra un autre jour ce que je veux faire plus tard ! 

Et si vous aussi vous êtes sans réponse à cette question fatidique, j’espère vous avoir montré dans cet article qu’au final, on s’en fiche de ce qu’on veut faire plus tard, tant qu’on profite du moment présent ! Il y aura forcément des hauts et des bas, on en connaît tous, on a tous des doutes, des questionnements, des baisses de moral. Mais on a la chance aussi d’être dans une société, dans une ère, où il y a encore des personnes prêtes à nous donner l’opportunité de tester de nouvelles choses, de nouveaux jobs, sans forcément avoir les compétences nécessaires, tant que l’on montre que l’on est motivé ! Et c’est ça qui nous permet de nous forger, de tester, de se découvrir et pourquoi pas, un jour, d’être sûrs de ce qu’on veut faire plus tard ! 

Je vous remercie d’avoir lu cet article et j’espère vous avoir un peu aidé si vous êtes vous aussi à la recherche de cette fameuse réponse à cette question qui, au final (selon moi) n’en a pas ou n’en a plus, à notre époque. J’espère vous avoir fait un peu sourire, vous avoir transmis mon optimisme et vous avoir soulagé pendant quelques lignes. Et surtout je vous dis à très vite pour mes prochaines aventures, mes prochaines découvertes et pour le prochain sourire en ville !